Pierres de Rêves : le blog d'Emmanuel GLEYZE

« Reste à étudier la nature des pierres, domaine où se manifeste le mieux la folie des mœurs humaines... » Pline L'Ancien, Histoire naturelle.

La pierre de construction au Moyen Âge

Du déclin à la renaissance…

Carrare en Italie, un des hauts lieux d’extraction des marbres au Moyen Âge. Photo : Emmanuel Gleyze

Comment ont évolué les techniques de la pierre durant le Moyen Âge ? Ont-elles été linéaires ? Quelles influences ont-elles suivi ? Voici le programme de ce billet…

De l’extraction & du réemploi

Le haut Moyen Âge se caractérise par une régression des techniques d’extraction de la pierre et du recul des capacités à réaliser “du bel ouvrage.” Dès le Bas-Empire, on constate une diminution sensible de la masse de pierres extraites en carrière. L’édification de nouvelles enceintes, par exemple, se matérialise par le remploi de plus en plus fréquent de monuments antérieurs, ces édifices se transformant en de véritables carrières à ciel ouvert…

Du pillage

Le haut Moyen Âge va continuer en ce sens, avec par exemple le cas extrême de Charlemagne, qui en 804 ordonne le pillage de Trèves pour construire son palais d’Aix-la-Chapelle ! L’extraction régresse donc globalement, comme l’explique d’une autre façon encore Jean-Claude Bessac : « Les rares exploitations de cette époque produisent surtout des sarcophages. Au lieu d’ouvrir de nouvelles carrières à ciel ouvert ou d’élargir les exploitations antérieures, ces nouveaux carriers préfèrent extraire d’emblée dans la bonne roche. Ils attaquent donc horizontalement en galerie les grands fronts de carrière antiques, en évitant de remonter vers la surface, de façon à laisser en place la pierre supérieure altérée. Dans les zones de roches dures, les constructeurs se bornent à l’exploitation des petites pierres de surface, naturellement fragmentées et ne nécessitant pas des outils spécifiques, tant pour l’extraction que pour la taille. Le Premier Âge Roman illustre bien cette situation : c’est plus un art de maçons que de tailleurs de pierre qui se développe alors. »[1]

Rome antique, Italie, mythe fondateur de la ville. Photo : Emmanuel Gleyze

Depuis la chute de l’Empire romain, la qualité de l’outillage d’extraction a également nettement baissé, et les rares carrières étudiées par les archéologues montrent les traces d’une production et d’outils utilisés d’une façon plutôt médiocre, avec des artisans occasionnels, sans doute pour la plupart des agriculteurs. La comparaison avec les carriers romains et hellénistiques ne tient pas, les exploitations du haut Moyen Âge semblent en reflet totalement désorganisées : aucune stratégie d’usage n’y apparaît projetée dans un long ou moyen terme (ibidem).

Rome antique et éternelle, Italie. Photo Emmanuel Gleyze

Si l’on se concentre plus spécifiquement sur l’exemple italien, on constate ici encore un remploi massif des marbres antiques : beaucoup de textes médiévaux s’en font l’écho, soulignant l’immense pillage d’édifices anciens pour construire églises et monastères, et dont la découverte convoitée ou hasardeuse est toujours attribuée à la seule grâce divine ![2]

Parcourir des milliers de kilomètres

On est également prêt à parcourir des centaines, voire des milliers de kilomètres à la recherche de blocs et de colonnes, dans l’optique d’une édification particulièrement prestigieuse, et ce malgré la difficulté des transports et la faiblesse des techniques de levage.[3]D’une façon globale, on n’hésite pas non plus à se rabattre sur des matériaux assez médiocres, quand la qualité souhaitée n’est pas sur place ou quand les disponibilités financières ne permettent pas de faire autrement ; l’utilisation de la brique est également attestée dans des villes comme Toulouse et Grenoble… Dans certaines régions où les roches connaissent d’importantes variations de structures, on peut également trouver sur un même édifice une incroyable variété de roches : la seule façade occidentale de l’abbatiale de Saint-Gilles-du-Gard (Gard, Languedoc-Roussillon, France), par exemple, offre huit types de roches différentes : molasse de Beaucaire, calcaire fin, marbre, granite…[4]Enfin, il faut bien reconnaître que certains types de pierres connaissent une large diffusion, bien au-delà de leur province d’extraction, comme par exemple la fameuse pierre de Caen, que l’on retrouve au palais antique de Fishbourne, à l’abbaye de Westminster, et dans la cathédrale de Canterbury…[5]

L’exemple de la France, l’Yonne

En ce qui concerne le département de l’Yonne en France, par exemple, l’extraction de la pierre au Moyen Âge semble se concentrer sur le sud du département, avec une zone riche en pierres calcaires de qualité (de type Bajocien, Bathonien, Oxfordien, Kimméridgien). Comme l’explique Stéphane Büttner dans un article publié en 2008, « les matériaux qui ont été utilisés pour la construction sont donc essentiellement locaux et ce durant tout le Moyen Âge. Il est évident que ce même secteur a exporté, au moins dès le haut Moyen Âge, une partie de sa production vers le nord du département, zone bien moins pourvue en matériaux de qualité. Par la suite, l’exploitation de quelques faciès a connu un essor considérable. Il s’agit en particulier des calcaires du Bathonien et du Kimméridgien dont on comprend qu’ils ont pris une place très importante dans la construction icaunaise puisque largement utilisés hors de leur zone de production. Par deux fois, et quasi simultanément, l’extraction s’est particulièrement développée dans ces faciès en coïncidence avec les grandes entreprises de construction des époques romane et gothique. On comprend que ce sont les caractéristiques physiques de ces calcaires qui en ont été la raison (calcaires demi fermes, faciles à la taille et malgré tout de bonne résistance mécanique), ainsi que les facilités d’exploitation (bancs métriques permettant une extraction rationalisée et l’élaboration de moyen appareil,[6]proximité du réseau navigable qui en facilite la diffusion) (…). On peut penser que les grands chantiers, comme ceux engagés dans l’Yonne aux époques romane et gothique, ont impliqué le développement de centres carriers déjà existants, voire l’ouverture de nouveaux. Ces grands chantiers de construction apparaissent comme des catalyseurs certains de l’économie locale, de manière pérenne puisque leur production a été exportée très tôt, et pendant très longtemps, sur des distances considérables. »[7]

L’utilisation du grès ferrugineux dans l’Yonne au Moyen Âge – ce matériau constituant la matière principale de la construction de Guédelon dès 1997 (voir nos différents articles sur Guédelon) – est plutôt confidentielle (en regard des utilisations plutôt massives de pierres calcaires).

Tour « Sarrasine », Saint-Sauveur-en-Puisaye, France, Bourgogne.
Photo Emmanuel Gleyze

Stéphane Büttner évoquera la tour “Sarrasine” de Saint-Sauveur-en-Puisaye (une des références de Guédelon), construite à la fin du XIesiècle, qui apparaît comme le jalon le plus ancien de l’utilisation de ce faciès ; on retrouve ce grès par exemple à Auxerre, à la fin du XIIIesiècle, dans les soubassements du chevet de l’abbaye Saint-Germain. Büttner expliquera l’utilisation de cette roche par le fait « qu’une nouvelle fois, cette utilisation se situe à la période gothique, pour laquelle nous avons donc émis l’hypothèse que la pierre venait à manquer. Il pourrait donc s’agir ici d’un cas de substitution comme c’est aussi le cas de la pierre parisienne de la cathédrale Saint-Étienne [Auxerre]. Cependant il est dit dans la tradition locale que ce grès était utilisé pour “tuer” l’humidité en évitant les remontées par capillarité dans les maçonneries du fait de sa faible porosité » (ibidem, p. 155). 

Iconographie du Moyen Âge, Musée du Vatican, Rome (Italie). Photo : Emmanuel Gleyze

Des fondations à la mise en oeuvre

Avant les premiers travaux sur la mécanique des sols, classiquement datés de la fin du XVIIsiècle, la mise en place de fondations plus ou moins solides pour un édifice dépendaient de la perspicacité du constructeur, parfois de règles empiriques léguées par quelques traités, enfin de l’expérience transmise par d’autres praticiens. Dans son De aedificio (IVesiècle) par exemple, Palladius expliquera à propos des édifices à élever, qu’« il faut disposer les fondations de telle façon qu’elles aient de chaque côté, en largeur, un demi-pied de plus que le corps de la muraille qui sera construit par-dessus. Si l’on rencontre le roc ou le tuf, le mode de disposition en est rendu ainsi facile, si bien que le plan des fondations comportera alors simplement un ou deux pieds. Si le fond est une argile ferme ou compacte, on leur donnera en profondeur la cinquième ou la sixième partie de l’élévation totale que l’édifice doit avoir au-dessus du sol. Si le terrain est trop mou, il y aura lieu de les enterrer davantage, jusqu’à ce que l’on découvre la pure argile qui ne présente aucun vestige de décombres, et si on ne la trouve pas, il sera suffisant de plonger en terre les fondations de la proportion du quart de hauteur du bâtiment. »[8]Selon Daniel Prigent et Christian Sapin, on peut classer la nomenclature des fondations au Moyen Âge à partir de quelques types : fondations profondes ou superficielles, longrines,[9]appuis isolés (piliers, colonnes), ou pieux (ibidem).

Croisée d’ogives, château de Guédelon, Bourgogne.
Photo : Emmanuel Gleyze

L’influence de l’Orient ?

À propos de la mise en œuvre elle-même, et comme l’explique Jean-Claude Bessac, il semble que les contacts suscités par les premières croisades et le Moyen Orient aient favorisé un retour des techniques antiques de construction en pierres appareillées : « Contrairement au monde byzantin, où la construction en pierres se poursuit et progresse, entre la fin du Bas-Empire et le XIesiècle, l’Occident se cantonne alors à la production de quelques éléments indépendants ou non appareillés, comme les sarcophages, ou les œuvres de maçonnerie en petits blocs à peine équarris, justifiant ainsi l’absence de références pour le premier domaine. La reprise des contacts avec le Levant, et surtout les Croisades, ont certainement favorisé le retour des techniques antiques de construction en pierres appareillées en Occident, en particulier durant le Second Art Roman », explique-t-il.[10]La rupture semble moins profonde pour l’Italie, en raison d’une tradition antique encore un peu vivace, et de l’intérêt accordé à ses symboles, ainsi que la transmission relative de certaines techniques.[11]

Le sens symbolique de la pierre

Par conséquence dès le XIesiècle (et peut-être même avant), les constructions en moyen appareil apparaissent pour les parements[12]intérieurs, puis petit à petit pour l’ensemble des parements, en Bourgogne, en Val de Loire, etc. Le château des comtes d’Anjou, dans la seconde moitié du XIesiècle, comprendra par exemple du petit et du moyen appareil, « cette mixité sera fréquente dans de nombreux monuments religieux et châteaux, sans qu’il soit nécessaire d’en déduire l’existence de phases chronologiques », comme l’expliquent encore Prigent et Sapin.[13]Cette idée de construction en pierre au Moyen Âge induit obligatoirement, à un moment donné, la question de la généralisation à l’ensemble du bâtiment monumental (pour celui qui en a la possibilité logistique et financière) de l’usage de la pierre : en ce domaine l’architecture religieuse semble avoir été l’avant-garde novatrice dans la recherche de solutions variées, par rapport à une architecture palatiale ou domestique plus lente (ibidem, p. 132). Comme le soulignent Prigent et Sapin, « si l’on construit en pierre et que l’on reconstruit des édifices religieux jusqu’alors en bois, en pierre, tant en Occident qu’en Arménie, Syrie et dans une grande partie du domaine byzantin, c’est que le choix de la pierre prend un sens. Par ce matériau, l’Église traduit sa pérennité sur terre et en même temps signifie sa fermeté spirituelle. Cette dimension symbolique, dont on ne saurait sous-estimer l’importance au Moyen Âge, est traduite, entre autres, par le liturgiste Guillaume de Mende (XIIIesiècle) : “De même que l’église corporelle ou matérielle est construite de pierres jointes ensemble ; ainsi, l’Église spirituelle forme un tout composé d’un grand nombre d’hommes différents d’âge et de rang.” »[14]

Notre-Dame-de-Paris, France, Paris.

L’arc en pierre, autre exemple, est, lui, connu depuis l’époque grecque hellénistique, mais sa généralisation à travers les différentes possibilités de tailles de pierre attendra l’époque romane. Il faudrait bien sûr évoquer ici l’évolution durant tout le Moyen Âge des piliers, des supports et des voûtes, ainsi que d’autres éléments d’architectures qui participent au cadre bâti étudié par les historiens de tous bords (la modénature,[15]les mortiers et enduits, le revêtements des murs et des sols, les techniques et les matériaux associés [bois, métal], enfin la couverture).[16] Cette présentation n’étant qu’une épure (elle n’a aucune autre prétention), ce billet souligne simplement que l’évolution des techniques de la pierre, loin d’être linéaire, peut se perdre et se retrouver !


[1]Jean-Claude Bessac et aliiLa construction en pierre, p. 36. 

[2]Christiane Klapisch-Zuber, Les maîtres du marbre, pp. 24-25. Le remploi se systématise encore plus en Italie du IXeau XIIesiècles. Il faudra attendre le XVe pour voir apparaître les premières mesures, d’applications timides, de protection de monuments anciens (ibidem, p. 24) ; la période de la Renaissance ne sera pas, in fine, “conservatrice” : « Peut-être le XVeet le XVIesiècle ont-ils été plus destructeurs que le Moyen Âge, à mesure que se perfectionnaient les techniques de levage et de transport et que la taille réapprise du marbre le dépouillait de son mystère. Pendant tout le Moyen Âge, les Romains ont brûlé des marbres anciens pour en faire de la chaux, mais au XVe-XVIesiècles plus encore, quand ils relevèrent une ville ruinée et abandonnée ; par milliers, des colonnes et des statues antiques – des “idoles” – alimentèrent alors les fournaises de Rome, tandis que seuls les débris de marbre les plus précieux allaient jadis décorer ciboires, candélabres, chaires et pavements de l’école de Cosmates » (idem, pp. 27-28). Voir également sur cette histoire du marbre au Moyen Âge : Marmo (Il)… ieri e oggiStoria fotographica della lavorazione del marmo, Massa (Italie), Società Editrice Apuana, 1996 (édition originale 1970), p. 191.      

[3]Le transport des pierres est fort lent et très coûteux. D’une façon générale et durant tout le Moyen Âge, les matériaux sont le plus souvent extraits à proximité des chantiers. Les transports par voie terrestre sont chaotiques, en raison d’une infrastructure routière déficiente jusqu’au XVIIIesiècle ; le transfert par “chemin d’eau”, en revanche, est plus rentable, il permet des transports de volumes plus importants. L’ex. de la construction de la Tour de Londres, en 1278, demandera 75 bateaux débarquant pas moins de 89 200 “parpayns”,  soit environ 1200 pierres par cargaison : le coût est abaissé, en moyenne, par rapport au transport par terre (Jean-Claude Bessac et aliiLa construction…op. cit., p. 118-120).   

[4]…Calcaire de Lens, calcaire détritique, “petit granit” belge, calcaire à entroques (voir Jean-Claude Bessac et aliiLa construction…op. cit., p. 119). L’édification date de 1140-1160, et pour une information plus récente, la façade de cette abbatiale a été classée au Patrimoine Mondial de l’Humanité par l’UNESCO en décembre 1998, au titre d’“Étape sur les Chemins de Compostelle.”

[5]Ibidem, p. 120.

[6]Appareil : « Assemblage des pierres de taille dans un mur ou un édifice. L’appareil peut concerner les pierres apparentes, la structure interne, ou bien les deux à la fois » (Jean-Claude Bessac et aliiLa construction…op. cit., p. 197). On peut distinguer un petit appareil (moins de 20 cm de hauteur) ; un moyen appareil (entre 20 cm et 35) ; enfin, un grand appareil (plus de 35 cm de hauteur) (ibidem, p. 125).

[7]Stéphane Büttner, « Archéologie de la pierre à bâtir médiévale à Auxerre et dans l’Yonne » in François Blary, Jean-Pierre Gély, Jacqueline Lorenz (sous la direction de), Pierres du patrimoine européenÉconomie de la pierre de l’Antiquité à la fin des temps modernes, Paris, Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques, 2008, p. 156. 

[8]Cité inJean-Claude Bessac et aliiLa construction…op. cit., p. 122 (dans la contribution de Daniel Prigent et Christian Sapin, « La construction en pierre au Moyen Âge », pp. 117-148).

[9]Longrine : n. f. « Pièce de construction horizontale reposant sur plusieurs points d’appui, sur lesquels elle répartit la charge » (Le petit Larousse…op. cit., p. 605).

[10]Idem, p. 8.   

[11] Comme l’explique en substance Christiane Klapisch-Zuber, Les maîtres du marbre…op. cit., p. 19. On observe aussi une lente “pétrification” (notion employée par les historiens hollandais) en ce qui concerne (plus tard, peut-être aux XIIIeet XIVesiècles) le remplacement progressif des bâtiments civils urbains en bois, en pierre et en briques (et tuiles), dans le nord-ouest de l’Europe médiévale. Voir pour plus de détails l’article de Frans Verhaeghe, « Du bâti à la ville dans le nord-ouest de l’Europe médiévale », Les nouvelles de l’archéologie, n° 53 / 54 (Dossier : l’archéologie du bâti médiéval urbain), automne / hiver 1993, pp. 62-63.   

[12]Parement : n. m. « Surface apparente d’un mur, d’une structure, caractérisée par les matériaux la constituant et la manière dont ils sont assemblés » (Jean-Claude Bessac et aliiLa construction…op. cit., p. 203).

[13]Voir Jean-Claude Bessac et aliiLa construction…op. cit., p. 127 (Daniel Prigent, Christian Sapin, « La construction en pierre au Moyen Âge », pp. 117-148).

[14] Idem, pp. 132-134. On retrouve un parallèle entre l’église matérielle et l’Église spirituelle dans ce que me dira le 3 avril 2001 l’abbé responsable de la cathédrale Saint-Etienne d’Auxerre, mais dans l’optique de la solidité (pérennité) de l’une et de l’autre : « Moi– Si nous abordons un tout autre sujet… En tant que croyant, la pierre pour vous, qu’est-ce que c’est (si ce n’est pas indiscret) ? Le président d’association et abbé– Ah ben pas du tout. Pour moi la pierre c’est quelque chose que je trouve phénoménal, parce que c’est le truc de la solidité. Pratiquement toutes les églises que l’on a faites et qui tiennent encore le coup, c’est de la pierre, c’est du grès, c’est tout ce que vous voulez. Même s’il y a des tremblements de terre, il reste quand même quelque chose. J’ai par exemple parcouru pas mal la Turquie de l’est, où il reste des églises, des morceaux d’églises parce que ça a été détruit par des tremblements de terre, on y trouve des choses merveilleuses. Et actuellement, même avec des éléments qui ont été démolis (enfin, à cause des tremblements de terre), on y trouve encore quelque chose, et pour moi c’est la solidité. Pour moi l’église [ou l’Église ?], alors là c’est ma foi qui me le dit, l’Église est solide, il peut lui arriver n’importe quoi, l’Église est passée par tout ce qu’il peut lui arriver, et ça tient toujours. Et même en ce moment, sur le moins de fréquentation dans les églises qu’à une certaine époque, euh… le fait de venir dans une église (et c’est tout de même extraordinaire !), même ceux qui n’ont pas la foi rentrent dans les églises, pour voir et regarder les chapiteaux, les sculptures. Et nous, à la cathédrale d’Auxerre, on a tout de même l’avantage d’avoir des scènes qui apparaissent dans les vitraux et qui sont reproduites en sculptures. Alors dans la façade on a l’Enfant prodigue, on a le Joseph, l’histoire de Joseph on l’a dans la façade, et on l’a en même temps dans les vitraux à l’intérieur, vous voyez ? Si vous voulez dans le temps, comme ils n’avaient pas des bouquins ni des choses comme ça, pour faire le catéchisme, ils se servaient de ces choses-là pour expliquer aux gens. Ils avaient ça donc devant leurs yeux devant la porte, et puis quand ils étaient dans l’église, ils levaient la tête et ils voyaient ça autrement aussi. Pour ma part, je n’envisagerais pas d’habiter dans une maison de bois, quoi que j’aime beaucoup le bois. Mais pour moi une fondation c’est de la pierre. »Entretien avec le président de l’association « Les amis de la cathédrale d’Auxerre », ayant aussi la fonction d’abbé, ville d’Auxerre (Yonne, Bourgogne, France), rencontre du 3 avril 2001, annexe -A-, p. LXVII (entretien n° 7). (Ce passage a déjà été évoqué au sujet des définitions de la pierre par les praticiens).  

[15]Modénature : n. f. « Ensemble de la mouluration d’un édifice » (idem, p. 202). 

[16]On peut se reporter utilement, pour chacun de ces éléments particuliers, à la synthèse proposée par Daniel Prigent et Christian Sapin (idem, aux pages 132 à 146). 

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