Pierres de Rêves : le blog d'Emmanuel GLEYZE

« Reste à étudier la nature des pierres, domaine où se manifeste le mieux la folie des mœurs humaines... » Pline L'Ancien, Histoire naturelle.

Compte-rendu du livre de Nathalie HEINICH, Le Pont-Neuf de Christo

J’ai le plaisir d’avoir écrit un compte-rendu du livre de Nathalie HEINICH, Le Pont-Neuf de Christo (2020, éditions Thierry Marchaisse) publié dans la revue Questions de communication aujourd’hui même, 2020/1, n°37. Accessible librement sur Cairn.info : https://lnkd.in/dZ4X5ji

« L’ouvrage de Nathalie Heinich porte sur une étude de cas : l’analyse d’un événement emblématique touchant à l’art contemporain, l’emballage par Christo du Pont-Neuf, à Paris, du 22 septembre au 7 octobre 1985. Nathalie Heinich a alors 30 ans. Elle se lance dans une enquête sociologique de terrain, essentiellement qualitative, ayant rapidement l’intuition du profond « intérêt sociologique » de cet événement (p. 6). L’objectif de cet ouvrage est la compréhension des conditions de réception de l’art contemporain à travers l’angle de la sociologie de la culture (p. 16). Comment se forme une opinion à partir d’un objet nouveau et déroutant ? Sur quoi se fonde-t-il ? Comment peut être reçu un objet inclassable ?

Alors pourquoi publier, trente-cinq ans après, cette enquête restée inédite ? L’auteur nous répond dans son « Avant-propos » (pp. 5-13) en contextualisant cette parution. D’abord au travers d’une mise en contexte historique : en 1985, Christo n’est pas aussi connu que maintenant, et son intervention sur le Pont-Neuf représente pour l’époque et pour le public non initié, un véritable « objet critique ». Ensuite, avec une contextualisation plus actuelle : L’annonce par l’artiste de l’emballement de l’Arc de Triomphe pour l’automne 2021 et l’exposition que lui consacre le Centre Pompidou (tous deux reportés en raison du Covid 19). Et encore, avec des contextes épistémologiques et plus personnels : comme l’explique Nathalie Heinich, on retrouve dans l’ouvrage, en germes, l’essentiel de ses futurs « choix de techniques d’écriture, de posture, de domaines de recherche et d’appuis théoriques » (p. 7). Notamment une approche compréhensive, qualitative et ethnographique de la recherche, et des thématiques qui feront le cœur de ses travaux de recherches ultérieurs : l’art contemporain, les objets frontières, le régime de singularité, le statut de l’artiste, l’identité en question, la sociologie des valeurs… Et puis l’influence – présageant des discussions plus tardives de leurs œuvres – de certains auteurs sociologiques, et pas des moindres : Erving Goffman ici en particulier, Pierre Bourdieu et Norbert Elias. Enfin, un dernier contexte actuel, éditorial : la sortie, en parallèle de cette étude de cas, d’un ouvrage plus conceptuel de l’auteur sur Erving Goffman : La Cadre-analyse d’Erving Goffman. Une aventure structuraliste, Paris, CNRS éditions, 2020. La publication simultanée des deux ouvrages est délibérée, se répondant l’un l’autre, à trente-cinq ans d’intervalle, l’un sur un volet empirique, l’autre sur un volet plus théorique« …

La suite sur Cairn.info : https://lnkd.in/dZ4X5ji

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