Pierres de Rêves : le blog d'Emmanuel GLEYZE

« Reste à étudier la nature des pierres, domaine où se manifeste le mieux la folie des mœurs humaines... » Pline L'Ancien, Histoire naturelle.

Qui suis-je ?

Je m’appelle Emmanuel Gleyze, J’habite la région de Montpellier, en France. Je suis docteur en sociologie et j’ai une formation en anthropologie, domaine qui me passionne également.

Un observateur des liens entre les hommes et les pierres

J’ai soutenu une thèse à l’Université Montpellier 3, en 2010, sous la direction du professeur Jean-Bruno Renard. Son intitulé ? Pour une sociologie des pierres. Etudes sociohistorique du rapport de l’homme à la pierre. Tout un programme…

L’ancien et le contemporain : la Maison Carré en reflet du Carré d’art (Nîmes), photo E. Gleyze

Le déclic…

Le déclic se fait lorsque dans un cours d’anthropologie religieuse, l’enseignante explique que la pierre reste un domaine pratiquement vierge d’investigation ethnologique. Nous sommes en 1996, j’ai une vingtaine d’années. Je découvre par la suite qu’elle oublie l’ethnoarchéologie d’un Leroi-Gourhan dans la suite de Marcel Mauss et certains chapitres fameux d’André-Georges Haudricourt ; la thèse de Daniel Léger au Vietnam centre et le mémoire d’Erik Gonthier chez les Papous indonésiens, tout deux dans les traces de l’ethnominéralogie. Enfin, et sans clore cette liste, l’étude de Bernard Bachman sur les carriers et les tailleurs de pierre en Isère, dans une approche plus ethno-technologique, et la thèse de Carmen Salazar-Soler sur les représentations des mineurs et des paysans des Andes péruviennes et le Muki, la divinité de la mine.

Pourquoi une approche anthropologique & sociologique de la pierre ?

En tout cas ce jour-là un déclic se fait en moi : pourquoi pas une sociologie de la pierre ? Le sujet est vaste et je m’y ennuierai jamais ; il est original, concret, et touche à une variété de domaines : sculpture, architecture, ornementique, techniques, sciences et même médication… Il se situe également au carrefour de plusieurs champs : sociologie de l’art, sociologie du travail et des techniques, urbaine, des sciences, de la connaissance, etc. Et enfin à la croisée de plusieurs disciplines : sciences de la Terre, histoire de l’art, archéologie, anthropologie… En somme, cet objet de recherche se constitue comme un véritable défi intellectuel et pratique.

J’ai publié un ouvrage en mars 2019, L’Aventure Guédelon, aux PULM, avec une préface de Nathalie HEINICH

+ de 20 ans de recherche sur la pierre…

Mes premières orientations de recherche se matérialisent à travers plusieurs mémoires : en Licence 3 avec une trentaine de pages, accompagnées par des cours suivis en histoire de l’art et archéologie, en littérature comparée, mais aussi en anthropologie. Cette discipline que je n’ai jamais abandonnée malgré ma spécialisation en sociologie, et ce jusque à l’obtention d’un Master 2 Recherche bi-disciplinaire en sociologie et ethnologie et un anthropologue qui participera à mon jury de thèse.

Thèse de doctorat soutenue en février 2010 à l’Université Montpellier 3, sous la direction du Professeur de sociologie Jean-Bruno RENARD

Mon tour de France

L’année qui suit ma Licence voit naître mes premiers pas sur le terrain : un entrepreneur en taille de pierre me fait découvrir les dernières carrières de pierres lithographiques du département du Gard (qu’il avait lui-même exploitées quelques années auparavant), commente un à un l’ensemble de l’arsenal machinique de son entreprise, puis je passe quelques jours dans l’entreprise en pleine effervescence, le suivant dans ses déplacements jusqu’au cimetière du coin, taillant enfin fièrement mon premier caillou, massette et ciseau en mains. J’entreprends aussi un voyage à Paris, songeant à aller visiter un certain nombre de musées (le Muséum d’Histoire Naturelle et sa Galerie de minéralogie et de géologie, certains départements au Louvre, le Musée Rodin…) ou encore certains lieux emblématiques de la pierre, comme le cimetière du Père Lachaise. Mon investigation s’oriente aussi tout naturellement vers l’architecture, j’entreprends alors la visite de quelques cathédrales, Notre-Dame-de-Paris, puis celle de Chartres et de Reims, un peu à la manière des Compagnons qui font leur Tour, la pratique et le temps à y consacrer en moins ! Enfin j’interroge un vieil artiste dans son atelier, un sculpteur, dans un entretien libre à Octon (Hérault, France) un 3 avril 1999. Une phase exploratoire vient de débuter, une imprégnation progressive avec.

Peurs et risques contemporains, un autre ouvrage que j’ai eu le plaisir de diriger (2006, L’Harmattan)…

Du Master à la thèse sur le caillou…

Le mémoire de Master 1 aborde la question des imaginaires de la pierre et soulève quatre problèmes qui me semblent toujours d’actualité : d’abord la question de l’humain dans son rapport à la pierre et aux natures matérielles, ensuite l’importance des temporalités associées aux mondes minéraux, puis l’axe important de la question de l’édifier : la construction en pierre. Enfin, dans une visée plus anthropologique, j’interroge le rapport animé / inanimé qui me semble apparaître comme un problème de fond. Je souhaite découvrir les lois générales des rapports entre l’homme et la pierre, une folie douce mais assumée, en somme découvrir des universaux ! Le mémoire de Master 2 est à la fois un reflet de l’opuscule de Licence dans un questionnement épistémologique (philosophie des sciences & de la connaissance) sur la possibilité de prendre la pierre pour objet de recherche, et du mémoire de Master 1 dans une continuité exploratoire.

Un sociologue à Guédelon, en 2019

Un changement de cap : arpenter sans cesse les terrains de la pierre

Je ne pouvais en rester là dans le cadre de la thèse, soit j’abandonnais carrément mon objet de recherche ayant le sentiment d’être allé au bout d’une certaine approche de la pierre, soit je changeais d’angle de vue : c’est la seconde option qui s’est imposée à moi, par le terrain… Pratique de la taille de pierre, en carrière, maçonnerie, notamment à travers mon étude de cas sur le chantier de Guédelon, en Bourgogne. Voyages en Afrique du Sud, en Allemagne, au Brésil, en Italie, Egypte, etc. C’est à ces différents parcours que je vous invite ici, avec un questionnement de plus de 20 ans sur le caillou… Pour mieux comprendre les origines de ce blog, cliquez ici.

Un petit essai en marketing de soi, avec l’aide d’un drone, afin de me présenter !
Merci à Marc Le Fèvre pour ces images & à Elite Drone

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